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Mardi et mercredi, à l’issue des vérifications
techniques, ce sont donc 48 autos, 31 camions, 57 motos, 19 concurrents
dans la catégorie Régularité et 8 en Rallye Découverte qui ont reçu
l’aval des commissaires techniques.
164 véhicules prêts à parcourir plus de 10'000 km à travers les forêts
de bouleaux et de sapins en Russie, les steppes du Kazakhstan pour
terminer à travers les dunes de Mongolie Orientale avec une arrivée au
pied de la Grande Muraille de Chine, aux portes de Pékin.
A quelques heures du départ qui sera donné demain avec la première
Epreuve Spéciale (longue de 71 km), on peut déjà dresser une situation
provisoire des prétendants à la victoire finale.
En catégorie auto et même s’il refuse d’endosser cette responsabilité,
l’Allemand Matthias Kahle (Fast&Speed Team) fait partie des favoris. Le
champion allemand 2004 de la spécialité roulera au volant de son buggy à
moteur Honda (3.9L) et développant 380 CV. Mais il redoute le
franchissement des dunes, en Chine.
L’Espagnol José Luis Monterde co-piloté par Jean-Marie Lurquin (Team
Schlesser) adore les Grands Rallyes et sera donc servi avec la
Transorientale 2008. François Delecour (Team SMG de Philippe Gache) n’a
pas couru depuis quelques années mais le talent du Français et sa
facilité d’adaptation feront le reste. Le Français Eric Vigouroux au
commande de son imposant Trophy Truck (à moteur Chevrolet-Corvette V8)
lui aussi brigue la victoire finale.
Chez les motards, le Norvégien Pal-Anders Ullevalsetter pilotera sa KTM
et part en grand favori de la catégorie. A surveiller le Slovaque
Jaroslav Katrinak, le Guatémaltèque Francisco Arredondo et pourquoi pas
d’autres motards qui pourraient créer la surprise.
Catégorie camion, les Kamaz sont en force. L’usine officielle russe fait
figure d’épouvantail avec pas moins de 3 monstres des routes. De plus,
la structure russe compte parmi ses rangs trois anciens vainqueurs du
Dakar. Face à eux, on trouve le récent vainqueur du récent Rallye
d’Europe Centrale, le Néerlandais Hans Stacey et son MAN. Quant à Ginaf,
le constructeur néerlandais, l’équipe DeRooy 2008 aligne deux camions.
En cette période de Coupe d’Europe de football, le match Russie-Pays-Bas
s’annonce incertain jusqu’à Pékin. Mais là aussi, un outsider est
toujours à l’affût.
Dans le Rallye Régularité, une Première cette année, ce ne sont pas
moins de 19 concurrents qui vont devoir affronter une partie des
épreuves spéciales pour honorer leur participation. Cette catégorie
accueille aussi 2 camions et 2 motos.
Le Rallye Découverte se compose de 8 voitures qui vont traverser des
contrées inoubliables avec un classement très original comprenant
notamment la prise de vues photographiques des plus originales.
>> video de présentation




La
Transorientale est un nouveau rallye-raid,
unique en son genre, notamment par le nombre
de kilomètres à parcourir : 10 800 ! Conçue
par René Metge et par Lagardère Sports,
cette course s’élance le 12 juin de
Saint-Pétersboug, traverse le Kazakhstan
après la Russie, pour finir en Chine, au
pied de la Grande Muraille, le 28 juin.
Au volant d’une
Porsche Cayman, le célèbre pilote Jean-Louis
Schlesser accompagne le rallye
sur les routes de ces trois pays, pour un
parcours « Découverte » d’un genre nouveau,
accessible aux véhicules de grand tourisme.
Son « copilote »,
Marc Victor,
journaliste et écrivain lauréat de la
Fondation Jean-Luc Lagardère, rend compte au
quotidien, d’une manière… un peu décalée, de
ce long périple et de ses à-côtés…
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Une mise en jambe quasi parfaite
En ce jour de Fête Nationale en Russie, les Moscovites (en
voisins) et les nombreux spectateurs alentours sont venus
assister, en toute quiétude, à l’arrivée au bivouac des
concurrents de la Transorientale 2008. Malgré un trafic
routier important en ce jour férié, ils n’ont pas résisté à
l’idée de découvrir qui les voitures, qui les motos, qui les
camions des participants.
La première journée de la Transorientale a réservé son lot
de surprises. La mauvaise nouvelle de la journée est à
mettre à l’actif d'Eric Vigouroux. Au volant de son Trophy
Truck, le Français a heurté une souche et a complètement
détruit la roue arrière gauche de son proto. La palme du
jour revient à l’un des favoris en la personne de José-Luis
Monterde. L’Espagnol, au volant de son Buggy Schlesser, a
signé le meilleur temps de la catégorie auto : « Pour moi,
c’est une excellente mise en jambe. Le tracé alternait des
portions rapides et lentes mais aussi il s’est révélé être
très joli pour le pilotage. Les parties sablonneuses étaient
également parfaites »
En catégorie moto, Pal Anders Ullevalsetter a signé le
meilleur chrono de la journée, toutes catégories confondues.
Là aussi, pour le Norvégien, il est nécessaire de ne pas
chercher la limite tout de suite. « La Transorientale est
encore longue».
Que dire de la performance de Gérard De Rooy, en catégorie
camion. Le Néerlandais n’a ni plus ni moins signé le 5ème
temps absolu.
Tous les concurrents se plaisent à saluer l’excellent
travail préparatoire de René Metge pour la qualité de ce
premier Secteur Spécial. Les concurrents sont unanimes quant
aux difficultés rencontrées au cours de cette première
journée. Tous ont appliqué les consignes de leur team
manager respectifs à savoir rouler sans chercher à «
exploser » le chrono comme le soulignait François Delecour,
lors de son arrivée au bivouac : « Je cherche d’abord à
comprendre toute cette fantastique mécanique et à prendre
mes marques »
>> video1 - vidéo de la première étape

Classement spéciale:
Classement Général Auto :


Formidable. Dix
heures de route pour découvrir un autre monde, dans
lequel aucune des règles apprises dans les écoles de
conduite et dans la vie des simples mortels ne
s’appliquent plus. Il est possible, j’en ai fait
aujourd’hui l’expérience limite, de circuler en voiture
très vite, et surtout très bien, sans tenir aucun compte
des panneaux de signalisation, des lignes blanches, des
embouteillages, des policiers qui veillent… Je n’avais
jamais vu une personne réelle rouler de la sorte et je
n’ai jamais été autant en totale confiance dans une
voiture.
Tout en
conduisant, Jean-Louis Schlesser communique. Il parle,
écoute, pose des questions, explique, reçoit de nombreux
appels, en donne… En fin de journée, il est possible de
connaître avec précision ses états d’âme. (En ayant
appris dans le même temps tout ce qu’il faut savoir sur
les voitures croisées, sur les derniers modèles des
camions aperçus (et les voies entre Saint-Pétersbourg et
Moscou n’en manquent pas, de camions), sur la tenue de
route d’une moto Honda…
Beaucoup de bonnes nouvelles donc,
pour cette première étape, surtout
que la voiture Schlesser engagée
dans la course a gagné la spéciale !
Nous avons appris à apprécier notre
Porsche Cayman par la même occasion,
Jean-Louis révélant à une dizaine
d’interlocuteurs divers et
successifs, qu’il était « estomaqué
par les suspensions … » « Tu te
rends compte, sur ces routes
pourries ! Il faut dire que ça
secoue moins à 150 qu’à 70, comme si
on survolait les trous et les
bosses…», blague-t-il.
Tout est bien donc, dans ce monde…
parallèle. Même si la route était
plus embouteillée et en mauvais état
qu’intéressante (on a aperçu – très
vite – la maison natale de Nabokov,
de belles églises orthodoxes,
d’épaisses forêts de conifères et de
bouleaux… ). Et que les serveuses
russes dans les trop rares « points
d’eau » étaient souvent renfrognées…
Mais voilà le bivouac, vaste étendue
d’herbe verte où chacun essaye de
trouver ses aises, où les
mécaniciens s’affairent, où des
badauds du cru viennent à la
rencontre de cette étonnante
caravane…
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La
course :
L’endroit choisi était idéalement placé sur les bords
de la Volga ; ce cadre champêtre était le lieu choisi par RMC pour le
deuxième bivouac de la Transorientale 2008. C’était sans compter sur les
conditions climatiques détestables qui se sont déchaînées sur le lieu.
Le ciel bleu a rapidement laissé sa place à un terrible orage avec éclairs,
grêle et bourrasques de vent qui ont forcé les organisateurs à démonter
l’énorme structure gonflable qui sert de restaurant, puis la remettre en
fonction, une fois la tempête apaisée. Rien ne pourra empêcher le bon
déroulement du premier Rallye Raid marathon.
Mais ce ne sont pas les conditions climatiques qui ont perturbé le bon
déroulement du deuxième secteur sélectif. Toutes les motos ont pu courir
sous une météo clémente et sur un revêtement en sable permettant aux
concurrents de pratiquer leur sport favori dans les meilleures conditions.
Dans la catégorie auto et camion, en revanche, ce ne sont que sept
concurrents qui franchiront la ligne d’arrivée sans encombre.
Les autres se sont retrouvés bloqués par l’éboulement d’un pont au passage
du 3ème camion. Après avoir fait contourner l’obstacle aux autres véhicules,
les organisateurs ont donné un nouveau départ, au CP2.
En moto, le favori Pal Anders Ullevalsetter a laissé la victoire du jour à
Jaroslav Katrinak, pour cinq secondes. Le Slovaque s’empare aussi de la
première place au général. A noter la troisième place du jour et au général
à mettre à l’actif du Russe Alexsey Klomytsyn. Dans la catégorie Marathon,
le Tchèque Dusan Randysek signe un prometteur 5ème rang et une 6ème place au
général. Le meilleur Français est Willy Jobard avec la 7ème place.
Malchanceux la veille à la suite de la rupture des goujons de la roue
arrière de son Trophy Truck, et en tirant profit d’un point de règlement
particulier, Eric Vigouroux a donc signé le temps scratch de la Spéciale
raccourcie du jour devant Matthias Kahle (Buggy Fast&Speed) et José-Luis
Monterde (Buggy Schlesser). Le Letton Maris Saukans (Buggy Oscar) termine
5ème devant François Delecour (Buggy SMG). Ne pas oublier de mentionner la
prestation des Chinois avec le 10ème rang de Xu Lang qui précède son
compatriote Qingxian Hua.
En camion, les Russes ont fait forte impression en s’imposant « à domicile
». Kamaz, le constructeur russe a, en effet, installé ses usines à
Nijni-Novgorod, ville située à quelques encablures de l’épreuve spéciale du
jour. Vladimir Chagin signe le meilleur temps devant Hans Stacey et Firdaus
Kabirov. Gerard De Rooy a été victime du système de refroidissement de son «
monstre » étant même obligé de s’arrêter, en pleine spéciale avant de
terminer attardé. Stacey conserve la tête du classement Scratch.
En revanche, mauvaise nouvelle pour les concurrents : l’épreuve spéciale, de
demain est purement et simplement annulée, en raison des violents orages qui
se sont abattus sur la région traversée.
Tous les concurrents se rendront donc, en liaison, au bivouac de Yelabouga.
>> video2 - Vidéo de la deuxième étape



Déjà, un bivouac, si
on pouvait éviter et rester bien confortablement dans la
voiture du début du raid jusqu’à la fin. Vacarme
incessant ; tambouille sous vide ; sanitaires rares et
sans eau ; moustiques ; les fameuses tentes « 2 secondes
» qu’on démonte péniblement en dix minutes, à trois
personnes (« faut prendre le coup de main » qu’ils
disaient)… Mais en plus sous la pluie…
Le deuxième bivouac, ce vendredi soir, on ne l’a même
pas vu, Jean-Louis et moi, réfugiés de justesse dans un
motel paumé. Un déluge s’est abattu dans la région. Trop
de boue, site impossible à approcher en Porsche…

Deuxième étape par ailleurs sans
histoire par les plaines de la Volga : plat pays, superbes forêts, jolies
églises… Notre routine depuis le départ…
Les Russes adorent les belles voitures et se prennent en photo de manière
incessante près des nôtres. Cela permet un contact avec les populations, qui
sans cela serait vraiment insignifiant. Pour nous, en revanche, peu de temps
pour le tourisme. Jean-Louis suit avec inquiétude sa voiture engagée dans la
course. On va au départ des spéciales, on va à l’arrivée des spéciales…
Là, je dois aux
lecteurs profanes de partager un peu de ma nouvelle culture en rallyes
raids. Lors d’une étape, les concurrents font des liaisons, en prenant les
routes normales, théoriquement sans se presser, avec tous les autres
véhicules de la grande caravane : assistance, organisation, presse, rallye «
Découverte »… Seules comptent pour le classement les « spéciales » :
parcours ponctuels, plus corsés – pistes, chemins creux, dunes, gués… - de
quelques dizaines à quelques centaines de kilomètres.
Pour finir, la phrase du jour de JLS (Jean-Louis Schlesser), alors que nous
roulions sur une longue route droite en pleine forêt : « Là, on pourrait
monter à 250, mais faut se méfier des grosses bêtes qui pourraient traverser
! »

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